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mercredi 21 septembre 2016

Dix-huit nouveaux virus de rats

 Article initialement écrit le 29 octobre 2014


L’American Society for Microbiology a publié un article qui fait un buzz mondial depuis quelques semaines. Il est ici : http://mbio.asm.org/content/5/5/e01933-14.abstract.
En résumé : L’utilisation de moyens à la pointe de la technique a permis d’identifier une quantité impressionnante d’agents pathogènes (dont l’Ebola, l’Hantavirus et plusieurs nouveaux virus) sur les rats new-yorkais. Il semblerait que les animaux de compagnie ayant été au contact des déjections de ces rats « surinfectés » aient contaminés leur maîtres avec l’hépatite C…
Les commentaires des milieux autorisés (monde médical essentiellement) fleurent bon un alarmisme de circonstance plus affectif qu’objectif, et une inculture désolante en matière
de rats... Détricotons le buzz :

- Pour commencer : Y-a-t-il lieu de s’affoler parce que l’on sait seulement aujourd’hui que les  rats sont porteurs de microbes horribles et très dangereux depuis toujours ?
- Ensuite : Si l’on faisait ce même genre d’investigation sur d’autres animaux commensaux de nos cités, ne pensez-vous pas que l’on découvrirait le même genre de microbes « effrayants » sur oiseaux, chiens et chats errants ?

- Et pour finir : ces dernières décennies, quelles zoonoses sont imputables aux rats d’égout ? aucune ! Voilà qui nous renvoi aux récentes psychoses dispendieuses de la grippe aviaire et de la grippe A…

Seule la leptospirose, qui se transmet par l’urine des rats d’égout et des ragondins, est connue pour infecter occasionnellement des personnes œuvrant dans un environnement infesté.
Je laisse au corps médical lucide le soin de désamorcer dans le détail ce buzz irrationnel pour revenir sur des propos qui concernent les rats eux-mêmes.

Sur le blog de Jacques Henry (http://www.contrepoints.org/2014/10/21/185288-rats-attention-danger) nous lisons : « (le rat) est le seul animal avec l’homme à s’entre-tuer sans raison apparente. « qui se ressemble s’assemble » comme on dit dans les chaumières. »
 Non, les rats se battent à mort (cannibalisme) seulement en cas de famine, et les survivants comptent bien davantage de femelles que de mâles afin d’assurer la pérennité de l’espèce. En dehors de ces situations de manque de nourriture, il n’y a jamais de lutte à mort entre
rats. Rien à voir avec les hommes !


Sur http://franceusamedia.com/2014/10/les-rats-new-yorkais-porteurs-de-virus-et-de-maladies-dangereuses/ nous lisons :
« Dans la plupart des grandes cités du monde, ces rongeurs prolifèrent près des populations. C’est d’ailleurs à Chicago et à Los Angeles que l’on trouve la plus forte densité
de ces animaux 
( et de renvoyer vers le lien d'une entreprise qui classe les villes américaines par le nombre de traitements "rats" effectués par elle...)"

Non, les rats ne « prolifèrent » pas. Leur population s’équilibre en fonction des ressources trophiques (possibilités de nidification et d’alimentation) de l’endroit où ils vivent. Mais il est vrai qu’ils vivent à proximité de l’homme, pour recycler ses déchets.

Sur http://finance.yahoo.com/news/york-citys-rats-carrying-viruses-130000460.html , nous lisons « Personne ne sait combien il y a de rats dans le métro de New York, mais Rick Ostfeld de l'Institut Cary d'études de l'écosystème à Millbrook, NY a déclaré à Bloomberg Businessweek « qu'il soupçonne qu'il y a autant de rats que il ya des gens dans la
ville » ».

Si, il y a moyen de savoir combien nos villes comptent de rats par habitant. Nous avons exposé une expérience de dénombrement de surmulots en ville dans notre livre « Des rats et des hommes » (Editions Hyform 2013), disponible ici. Ceci étant, Rick Ostfeld n’est pas inutilement alarmiste et son estimation diffère notablement de ce qu’on trouve habituellement sur le Web.

Sur  http://www.startribune.com/lifestyle/health/280364312.html, nous lisons « (que la difficulté à les piéger ) est due au fait que les rats de New York sont beaucoup rusés que les rats dans
d'autres villes
 ».

Ah bon. Les rats de New-York sont donc plus intelligents que ceux du reste du monde… C’est tellement « gros » qu’il y a juste à souligner qu’il n’y a rien qui ressemble plus à un rat de New-York ou de Paris, qu’un rat de Berlin ou de Tokyo.
Sur http://abc7.com/news/new-study-finds-rats-in-nyc-carry-18-new-viruses/352432/ nous lisons : « Voici le problème : les rats se multiplient très, très vite ; au cours d'une année, un couple peut produire plus de 100 enfants, et ainsi de suite, et ainsi de suite, et ainsi de suite. »

De l’art de balancer des chiffres qui ne veulent rien dire. Dans de bonnes conditions (nourriture abondante et peu de prédation), un couple de rats peut avoir jusqu’à 2.000 descendants en un an, voire 5.000 dans des conditions idéales (territoire illimité et zéro prédation). Au moins, l’imprécision de l’article n’est pas si alarmiste que ça.
Encore une fois, l’inculture de notre société en matière murine transpire dans ce buzz.

Pierre Falgayrac
www.hyform.fr

dimanche 21 février 2016

Lobbying et enfumage : La certification CEPA



Bien qu’aucune filière qualification n’ait encore été mise en place, il existe désormais une certification européenne pour les dératiseurs-désinsectiseurs. Il en a été question lors de l’AG 2015 de la CS3D.
Tout commence avec la nouvelle norme européenne EN NF 16-636, qui remplace feue la nationale NFU 43-500 (voir l’article précédent de ce blog).

Pour faire simple, il s’agit d’une norme censée attester le professionnalisme des entreprises de 3D (Dératisation, Désinsectisation, Désinfection) ou PCO (Pest Control Organisation). Elle établit :
-          -  Une traçabilité totale de la prestation et des produits biocides utilisés ;
-          -  Des critères de compétences pour les applicateurs, qui ont désormais besoin de formations régulières ;
-          -  Des outils d’évaluation de la qualité des prestations.

Son objet officiel est de spécifier(nous citons) « les exigences et compétences nécessaires pour les fournisseurs de service en traitement des nuisibles pour la protection humaine mais aussi de leur nourriture et des animaux domestiques » ; et ses mentors espèrent que, « principalement, elle montre à la commission européenne (des biocides) et autres partie prenantes, leur professionnalisme ».

Cette norme a vu le jour grâce au CEPA, fédération européenne de syndicats nationaux de PCO, dont la mission est « d’assurer que le traitement des nuisibles soit reconnu pour son action en faveur de la protection des citoyens européens et de leur environnement contre les risques de santé publique ».

Ces premiers étages ont donc propulsé la fusée « Certification program », consistant en un processus de certification par des organismes certificateurs où se retrouve déjà le nécessiteux Bureau Veritas, qui a certifié un premier PCO, l’entreprise du président de la CS3D, comme par hasard...

Le cycle ce certification sur 3 ans comprend un audit initial d’un jour et un audit de surveillance à 18 mois. La Toolbox (ou « boite à outils ») de la CS3D reprend des items de la NF EN 16-636 et est sensée aider les adhérents à s’y conformer, au cas où ils ne liraient pas la norme qu’il leur faut pourtant acheter…

Qu’est-ce qui est audité ? Comme d’habitude, de la paperasse. Il n’est pas prévu que l’auditeur, qui de toute façon n’a que des compétences « minimales » en dératisation-désinsectisation, vérifie sur le terrain ce que disent les papiers au bureau. On peut donc s’attendre à prochainement voir les cadors du métier devenir « CEPA Certified », sans avoir rien changé de leurs manières de travailler, si ce n’est de remplir de nouveaux formulaires.

Et là, le dispositif de formation mis en place par la norme laisse pantois… Il découle des articles 3.30, et 6.1.2 à 6.1.6 (définition et missions de la « personne techniquement compétente » chargée, entre autres, de la formation des applicateurs) que n’importe quel novice ou incompétent, dés lors qu’il travaille sous l’autorité de cette personne, peut être considéré en formation professionnelle continue. Il s’agit simplement, en déduisons-nous donc, de faire remplir et signer par les concernés la paperasse afférente à la formation (plan de formation, fiche de présence, évaluation…).

Autrement dit, le « compagnonnage » de l’ex NFU 43-500 a été relooké et maquillé en dispositif de formation bidon, car il établit une voie royale aux abus : Du temps de travail rémunérateur pour l’employeur pourrait être considéré comme formation professionnelle !

Il serait étonnant que les négociations de la CS3D avec l’OPCA de branche aillent dans un sens contraire. Il lui sera aisé de démontrer qu’il n’y a pas d’organismes de formation en 3D « crédibles » (certifiés AFNOR NF X50-760, par exemple), et qu’en l’absence d’école de formation initiale, les compétences des vieux grognards du métier sont précieuses pour former les nouveaux professionnels. Oui, mais…

Sachant qu’il est bien plus difficile de désapprendre que d’apprendre, nous assisterons donc encore et comme depuis trente ans, à des copié/collé de pratiques professionnelles qui, rappelons-le, sont responsables de l’apparition de souches de nuisibles résistant aux biocides.

Aussi fort que le dispositif de formation, le tableau des compétences distingue une « personne techniquement responsable » d’un « utilisateur professionnel » sur seulement 5 domaines sur 81 !  L’utilisateur professionnel doit être « sensibilisé » sur deux compétences techniques : Législation ( alors qu’il s’est tapé trois jours de Certiphyto/Certibiocide qui sont axés sur ce sujet …) et gestion de son programme de travail. Les deux autres qui ne le concernent pas relèvent de l’expertise client. Le dernier étant les compétences liées à la formation…Autrement dit, il ne manque vraiment pas grand-chose à un applicateur lambda pour devenir « techniquement responsable »…

Par ailleurs, le contenu des ouvrages, supports de formation et conférences de certains membres du collège formateurs de la CS3D témoignent de l’inculture de l’éthologie du nuisible (persistance de conceptions anthropomorphiques infondées), de l’incompréhension des normes de l’IAA (aucune synthèse et explications techniques) et d’approximations et lacunes désolantes en matière de lutte raisonnée (beaucoup de techniques alternatives et de prévention, rien sur tes techniques d’application raisonnées). J’affirme que des strates d’informations étalées sans aucun esprit de synthèse sont davantage source de confusion dans l’esprit des auditeurs et des formés que de l’information/ formation pratique directement applicable dans l’entreprise.

Bref, rien ne va changer, sauf pour les employeurs, qui vont pouvoir récupérer des fonds de formation « à pas cher », du moins si l’OPCA de branche adoube le dispositif de formation de la norme.

Évidemment, pour se faire certifier il faut des sous pour :
-          -  Acheter la norme NF EN 16-636 (plus de 90 €…) ;
-          -  Payer la cotisation d’adhésion à la CS3D (de 560 € à 2.425 € pour la plupart des TPE) ;
-          -  Régler l’organisme certificateur (965 € + 1.250 €).

L’intérêt de la certification est « l’amélioration de la qualité et de la performance, la mise à jour sur la règlementation, d’être un outil de motivation des équipes, de permettre de s’afficher officiellement comme un professionnel formé et certifié, d’être commercialement compétitif et permet de figurer sur le site Web du CEPA ».

La fusée lancée tourne maintenant en rond sur son orbite d’autosatisfaction, dans un panache de fumée qui envahit les salons professionnels, la presse du métier et le Web. Résumons-là :
-             -    Le CEPA Certified en France ne s’adresse qu’aux seuls adhérents de la CS3D ;
-             -  Le président du CEPA est formateur à l’ISTAV, membre de la CS3D, qui assure donc à son organisme des missions de formations prévues par la NF EN 16-636, en plus des certifications Certiphyto/ Certibiocide déjà obligatoires ;
-              -  Le premier CEPA Certified est le président de la CS3D.

L’esprit de lobbying est si bien assumé que l’écran de fumée de la nouvelle certification européenne  ne trompe personne. Mais il fait quand-même un peu tousser…

Pierre Falgayrac
www.hyform.fr

À propos de la norme EN 166-36



Cette norme européenne remplace donc feue la nationale NF 43-500, qui fait en son temps l’objet d’un précédent article de ce blog.

Autant dire d’emblée qu’il n’y a pas de différences fondamentales entre les deux et que les professionnels qui appliquaient déjà la NFU 43-500 n’auront pas trop de mal à passer à l’EN 166-36, car les principaux points qui ont évolué sont très faciles à mettre en œuvre : juste un peu plus de paperasse. Il s’agit en effet de :
-          -    La formation des techniciens, dont les critères des différents niveaux de compétences sont clairement détaillés, et dont le dispositif de formation est un bijou de maquillage, comme nous le verrons plus loin ;
-          -    La description d’une méthodologie professionnelle des traitements ;
-          -  Des « outils » de mesure de la qualité de la prestation fournie.

J’ai eu l’honneur de participer à l’élaboration de cette norme et d’avoir quelques-unes de mes suggestions de modifications retenues ; mais le dépouillement de ces suggestions pour finaliser le document s’est fait en une petite matinée, ce qui était notoirement insuffisant pour tout aborder. De l’art de prendre les contributeurs autres que M. le Président de la CEPA pour des minus habens. Qui doivent néanmoins s’acquitter de 90 € pour acquérir la norme…

En voici quelques extraits choisis pour leur intérêt pratique et, parfois, soulignés et/ou commentés par mes soins, (en italique et entre parenthèses). L’expression « En résumé » en début de phrase indique qu’il s’agit d’un résumé de l’article. Le signe « (…) » indique la suppression  phrases non indispensables à la compréhension.

3        Termes et définitions
3.9 Personne compétente

Gestion des nuisibles personne ayant suivi une formation et qui possède les aptitudes, les connaissances, les compétences pratiques et la responsabilité requises pour fournir des services professionnels de gestion des nuisibles
Note 1 à l'article : Les compétences requises pour chaque fonction sont spécifiées à l'Annexe A.

3.15 Gestion intégrée des nuisibles GIN

Prise en compte attentive de toutes les méthodes de lutte contre les nuisibles disponibles et, par conséquent, intégration des mesures appropriées qui découragent le développement des populations de nuisibles et maintiennent le recours aux pesticides et à d'autres types d'intervention à des niveaux justifiés sur le plan économique, et réduisent ou limitent au maximum les risques pour la santé humaine et l'environnement [SOURCE : FAO]

3.17 Surveillance
Processus consistant à maintenir une surveillance régulière propre à un nuisible sur une période de temps convenue et à conserver un enregistrement systématique des avancées vers un niveau défini ou des écarts par rapport à celui-ci.

3.21 Gestion des nuisibles
Mesures de toutes sortes comprenant l'évaluation des dommages, l'évaluation de l'infestation de nuisibles, l'utilisation de pesticides, la documentation et la prévention.

3.24 Prestataire de services professionnels
Entreprise, structure ou organisme privé(e) ou public(publique) constitué(e) d'une ou de plusieurs personnes possédant des qualifications, certifications ou contrats de licence spécifiques et bénéficiant d'une formation régulière, qui travaille conformément à une norme prescrivant des niveaux requis de connaissance et d'approche de service.
(À ce jour, il n’existe aucune filière de qualification dans les métiers des 3D…)

3.25 Utilisateur professionnel
(…) Personne qui reçoit une formation régulière et/ ou utilise/applique des pesticides au cours de ses activités.
Exemple : Un technicien ou un agent de terrain constituent des exemples d'utilisateurs professionnels.

3.28 prestataire de services
Entreprise, structure ou organisme privé(e) ou public (publique) constitué(e) d'une ou de plusieurs personnes, qui fournit des services (de gestion des nuisibles).
[SOURCE : Basé sur la définition du Guide CEN 15, adapté au domaine de la gestion des nuisibles.]

3.30 Personne techniquement responsable
Personne chargée de garantir la formation et les compétences des utilisateurs professionnels et leur conformité dans le secteur aux protocoles de services définis (incluant l'inspection, l'identification des nuisibles, l'évaluation des risques, la planification des services, l'évaluation des approches de services alternatives, la définition des conditions dans lesquelles les mesures de contrôle sont appliquées et la validation de l'efficacité des services).

(Donc, le « compagnonnage » de la NFU 43-500 perdure sous un habillage plus « honorable »).

4        Approche professionnelle de la gestion des nuisibles
Le prestataire de services professionnels doit :
-       Démontrer qu'il a suivi une procédure conforme à celle présentée à la Figure 1 ;

-       Démontrer que cette procédure est menée par des personnes compétentes remplissant une fonction comme décrit à l'Article 5 et dans l'Annexe A, qui doivent mettre en œuvre leurs connaissances dans leurs recommandations, propositions et pratiques quotidiennes ;

-      Élaborer et présenter un plan de gestion des nuisibles au client, qui tient compte des exigences déclarées, de l'impact et des risques associés à l'environnement propre du client individuel et qui englobe les procédures de prévention et/ou de contrôle nécessaires pour obtenir des conditions sanitaires et environnementales adéquates permettant d'éviter la prolifération de toute infestation ;

-       Mettre en œuvre, avec le client, les procédures de contrôle convenues et être en mesure de fournir des dossiers détaillés et des preuves de compétence de chaque étape réalisée dans le cadre de ces procédures de contrôle ;

-       Fournir un rapport sur le service exécuté et évaluer dans quelle mesure les objectifs identifiés dans le plan de gestion des nuisibles ont été atteints, ainsi que les recommandations d'actions à mener par le client pour assurer le maintien d'un environnement salubre après la fourniture du service.

5        Organigramme de service professionnel

5.1 Contact avec le client
En résumé, le professionnel doit établir un document indiquant les tenants et aboutissants de sa prestation. Reprendre la « fiche d’intervention » conforme à la NFU 43-500 et y ajouter les items déduits de ce qui suit.

5.2 Inspecter/évaluer le site
(…) L'évaluation doit fournir un diagnostic de la situation comme demandé par le client et doit comprendre :
o    La détection et l'identification des espèces de nuisibles ;
o    Une évaluation de l'ampleur de l'infestation et de la répartition des nuisibles ;
o    Une évaluation des facteurs contributifs locaux susceptibles de favoriser leur prolifération ultérieure ;
o    L'identification des mesures qu'il est nécessaire d'entreprendre pour atténuer les risques de prolifération de la contamination, d'infestation ou de réinfestation ultérieures ;
o    Une revue et une évaluation de l'efficacité des inspections, traitements et interventions antérieurs.

5.3        Évaluer l'infestation, identifier les nuisibles et réaliser une analyse des causes profondes
(...) L'évaluation doit fournir un diagnostic de la situation et doit au moins comprendre :
o    La détection et l'identification de toute espèce nuisible ainsi qu'une évaluation de l'ampleur et de la répartition de leur présence ;
o    L'identification du risque ou de la présence d'espèces/organismes nuisibles ;
o    Une évaluation des facteurs contributifs locaux susceptibles de favoriser leur prolifération ultérieure ;
o    L'identification des mesures préventives, y compris des actions correctives du client, nécessaires pour atténuer les risques d'infestation ultérieure ; en ce qui concerne les recommandations, une distinction doit être faite selon que le client est responsable de la réalisation d'une action corrective ou de la modification des pratiques locales ;
o    Une revue et une évaluation de l'efficacité des inspections, traitements et interventions antérieurs. Les situations dans lesquelles le client n'est pas parvenu à appliquer des recommandations antérieures considérées comme faisant partie de leur domaine de responsabilité doivent être particulièrement signalées et enregistrées, de même que l'impact potentiel sur le maintien de l'infestation actuelle.

5.4        Évaluation des risques pour le client et pour le site
(…) Lors du choix de stratégies de traitement alternatives (voir (6) de l'Annexe A), la société ou l'organisme chargé(e) de la gestion des nuisibles doit tenir compte :
o    De toutes les implications découlant des exigences liées à la nature et à la structure des locaux, à l'environnement et à l'emplacement, aux activités effectuées sur le site ;
o    De l'attitude du client vis-à-vis du risque (c'est-à-dire la nature des organismes nuisibles, la probabilité de présence et/ou de prolifération et une évaluation réaliste des conséquences potentielles qu'aurait cette présence sur le client) ;
o    De l'impact potentiel de l'intervention sur l'environnement et les espèces non cibles.

5.6       Définir un plan de gestion des nuisibles
(…) Les scénarios potentiels pourraient comprendre les éléments suivants :
a)   Pendant l'évaluation du site, aucune présence de nuisibles n'a été observée et l'environnement interne était correct (c'est-à-dire que les conditions ne sont pas favorables à la prolifération de nuisibles). Une vigilance périodique doit être poursuivie afin de maintenir les résultats du diagnostic ;
b)   Pendant l'évaluation du site, aucune présence de nuisibles n'a été observée, mais l'environnement interne ou l'environnement externe local est tel qu'il pourrait potentiellement faciliter le développement d'une infestation. Le prestataire de services professionnels doit tenir compte des éléments suivants et donner des conseils à cet égard :
1)   Les méthodes relatives à la structure et à la construction ;
2)   Les conditions d'hygiène/sanitaires et l'environnement actuels ;
3)   Les actions destinées à former le client et à enrichir son comportement ou ses pratiques ;
4)   Les méthodes de contrôle direct appliquées sur les nuisibles dans l'environnement externe immédiat.
c)   Pendant l'évaluation du site, la présence de nuisibles a été observée. Les opérations indiquées au point b ci-dessus doivent être réalisées, ainsi que des méthodes de contrôle direct sur les nuisibles à l'intérieur du site.

Lors de la définition des méthodes de contrôle appropriées, les principes de gestion intégrée des nuisibles doivent être suivis et tenir compte des stratégies suivantes ou des combinaisons de celles-ci, selon le cas, pour chaque espèce de nuisible identifiée :
o    Modification de l'habitat ;
o    Contrôle biologique ;
o    Contrôle physique ;
o    Contrôle chimique.

Lors de la sélection des méthodes de contrôle, les paramètres suivants doivent être pris en compte :
o    Risque pour l'environnement local ;
o    Potentiel de contamination des milieux environnementaux (par exemple sol agricole ou eaux de surface) ;
o    Potentiel d'empoisonnement primaire et secondaire d’animaux non cibles

5.7        Proposition formelle au client
(..) Elle doit comprendre, selon le cas, les éléments suivants :
a)   Le risque d'infestation sur le site (existence et probabilité d'accès) ;
b)  L'identification des espèces d'arthropodes, de rongeurs et d'autres vertébrés ayant été détectés dans le cadre de l'enquête ainsi que des informations sur ces dernières ;
c)   L'origine potentielle des espèces identifiées et leur emplacement dans le site ;
d)  L'évaluation du niveau de contamination/d'infestation des nuisibles et de l'ampleur de leur répartition sur le site du client ;
e)   Des conseils au client sur les risques potentiels associés à la présence de l'infestation ;
f)   Les facteurs qui influencent l'accès ou la prolifération des nuisibles incluant les conditions, les structures, l'hygiène sanitaire, les pratiques de travail du site local ; ceci garantit que des informations correctes sont fournies au propriétaire du site ;
g)  Une description de la stratégie de contrôle proposée et des détails sur les méthodes d'intervention, incluant, si nécessaire, des étapes supplémentaires pour restaurer des conditions salubres sur le site ;
h)   Une description de la stratégie de prévention proposée, avec des détails sur les méthodes et la responsabilité du client pour le suivi des tâches respectives en fonction des recommandations du prestataire de services ;
i)    Une évaluation de la nécessité de recourir à une aide extérieure (par exemple : nécessité pour les services municipaux d'accéder à un égout externe) ;
j)     Une évaluation des risques portant sur les implications de la stratégie de traitement et son mode de déploiement ;
k)  Les autres informations présentant un intérêt technique et pertinentes pour la spécification de la situation à ce stade, pour déterminer les mesures correctives environnementales urgentes, les opérations de contrôle technique de référence pour les actions futures, y compris les actions préventives à mener par le client ou le prestataire de services ;
l) Un devis à faire signer par le client indiquant qu'il l'accepte et approuve la proposition.

(Un tableau Excel dérivé le la fiche NFU 43-500 fera donc l’affaire, j’y travaille)

5.8        Fournir le service convenu
En résumé, confirmer le contenu de la proposition formelle ci-dessus.

5.9        Gérer le site des déchets
En résumé, gérer les emballages vides (selon indications des étiquettes) et si besoin les cadavres d’animaux et leurs déjections. Voir le contenu de Certiphyto/ Certibiocide.

5.10 Enregistrement formel, rapport du service et recommandation au client
5.10.1 Enregistrement interne
En résumé, c’est le double de la proposition formelle.

5.10.2 Rapport du service et recommandation

(…) Le rapport doit comprendre les informations suivantes, sans toutefois s'y limiter :
o    Identification du prestataire de services ;
o    Nom et adresse du client ;
o    Confirmation de la fourniture du service convenu et élaboration de rapports sur les écarts éventuels ;
o    Date, heure et type de service fourni, incluant un enregistrement des produits utilisés et du domaine d'application ;
o    Toutes les recommandations d'actions à entreprendre par le client pour empêcher toute récidive ;
o    Période d'attente avant de pouvoir rentrer à nouveau dans la zone traitée, le cas échéant.
Donc, toujours dérivé de la proposition formelle.

5.11 Confirmer l'efficacité du service

En résumé, tout est dans le titre : la signature du client sur le document initial complété vaut « bon ».

5.12 Surveillance

(…) Le prestataire de services professionnels doit enregistrer le résultat de chaque visite, et lorsque des preuves d'activité de nuisibles sont découvertes, il doit proposer des interventions appropriées conformément à l'organigramme de services professionnels.

6        Compétences et exigences

6.1        Compétences

6.1.1 En résumé : Lecture, écriture, calcul, compréhension des étiquettes et de la demande du client. L'Annexe A décrit les compétences nécessaires pour chaque fonction.

6.1.2 (…) Disposer dans son effectif permanent (c'est-à-dire non occasionnel), d'une personne techniquement responsable chargée de superviser l'acquisition et le maintien des connaissances pratiques et théoriques ainsi que des compétences techniques nécessaires à la réalisation des activités de contrôle des nuisibles au sein de l'entreprise et à leur vérification.

6.1.3       (…) Garantir que les activités de formation et l'expérience professionnelle sont documentées et mises à jour en continu (…). Ce document doit être disponible sur demande.

6.1.4       Avant de démarrer la fourniture de tout service dans son secteur, le personnel doit participer à des cours de formation et de qualification spécifiques incluant une évaluation finale formelle destinée à vérifier leur compréhension et s’ils ont obtenu les niveaux de compétence décrits à l'Annexe A.

6.1.5       (…) Un journal de formation doit être tenu à jour pour indiquer que la formation a été réalisée, ainsi que les résultats de l'évaluation des compétences. L'enregistrement doit être conservé dans les dossiers de formation du personnel.

6.1.6   (…) Garantir que les personnes en formation pour remplir une fonction définie dans l'Annexe A doivent travailler sur la supervision directe de la personne techniquement responsable ou de la personne compétente désignée.

6.1.7       Le personnel doit connaître l'impact des stratégies disponibles sur les espèces cibles et non cibles.

6.1.8   (…) Garantir que les connaissances et les compétences de son personnel continuent à être pertinentes et actualisées en établissant un système de formation professionnelle continue et de formation destiné à la personne techniquement responsable et à chaque utilisateur professionnel. Cette actualisation des connaissances et des compétences doit s'effectuer lorsqu'elle est jugée nécessaire par la personne techniquement responsable et elle doit être passée en revue au moins tous les trois ans.

6.1.9   Au moins une fois par an, chaque utilisateur professionnel doit démontrer ses compétences professionnelles dans le cadre d’une évaluation réalisée par la personne techniquement responsable ou son mandataire à l’aide d’une combinaison de registres de formation, de visites du site et d'observation personnelle. Cette évaluation doit être formellement enregistrée. Après une insuffisance, la personne techniquement responsable doit être en mesure de démontrer qu'une intervention corrective a été menée et enregistrée dans le dossier personnel de l'utilisateur professionnel ou son journal de formation.

Autrement dit, un novice ou incompétent, dés lors qu’il travaille sous l’autorité de la « personne techniquement responsable » peut être considéré en formation professionnelle continue.

6.2  Gestion de l'équipement
En résumé, gestion technique et traçabilité de l’entretien des véhicules et équipements.

6.3  Fourniture et utilisation de pesticides
En résumé, choisir le biocide qui va bien pour le nuisible et l’environnement, et respecter les consignes des étiquettes – voir le contenu de Certiphyto/ Certibiocide.

6.4  Documentation et consignation
6.4.1 à 6.4.4 En résumé, traçabilité totale de la prestation, avec les documents qui vont bien, plans compris. Concrètement, la proposition formelle au client sera dérivée en plusieurs variantes.
               6.4.5 L'évaluation de l'enquête, si nécessaire, la cause profonde de l'infestation de nuisibles et les propositions/mesures à effectuer par le prestataire de services professionnels ou le client (par exemple, traitement supplémentaire, systèmes de surveillance supplémentaires, amélioration des structures, des procédés, de la manipulation).
6.4.6 En résumé, informer le client (ce que fera très bien la proposition formelle).

6.5 Assurance
En résumé, il faut une RCP.

7 Sous-traitance
En résumé, le sous-traitant doit se conformer à la norme, même s’il n’est pas certifié EN 166-36.

Figure 1




 



Le tableau « A1  Compétences requises » s’étale sur 10 pages, il ne sera donc pas reproduit ici.
La « Personne techniquement responsable » doit maîtriser l’ensemble des compétences décrites, « l’utilisateur professionnel » aussi, sauf :

-       Définir le type de client, le problème de nuisible et le risque associé/ l'action prioritaire pour le type de client et les exigences spécifiques de son domaine d'activité (1.1) ;

-       Décrire les exigences clés de la législation/des règlements locaux et européens en matière de sécurité, d'environnement, de protection animale et de bien-être animal concernant les services de gestion des nuisibles proposés (4.4), pour laquelle seule une « sensibilisation » est exigée ;

-       Organiser un programme de travail continu en portant une attention élevée à : la surveillance des activités, la gestion des informations techniques, l'élaboration et à la collecte de données pertinentes et à leur communication et transmission rapides au client ; pour laquelle seule une « sensibilisation » est exigée ;

-       Définir une proposition formelle à l'attention du client (7.14) ;

-       Les compétences liées à la formation (13).

Concrètement, une entreprise satisfaisant déjà à la NFU 43-500 doit présenter des fiches de visites et d’inspection conformes à l’organigramme de service ci-dessus.

Ensuite, il suffit d’indiquer sur les cartes de visites, plaquettes commerciales, devis, contrats et factures : « Application volontaire de l’EN 166-36 ».

Je prépare un kit. N’hésitez pas à me contacter.


Pierre Falgayrac
www.hyform.fr